Vincent Perez fait son cinéma

Dans sa ville natale de Lausanne et en hommage au cinéma qu’il aime tant, mon ami Vincent Perez m’a convié le week-end du 24 au 28 mars
à la première édition de son festival, les Rencontres 7ème Art Lausanne.


En partenariat avec la cinémathèque Suisse, l’acteur et réalisateur crée dans sa ville natale un rendez-vous à la dimension internationale. La ville était une évidence pour Vincent, il le dit lui-même « 
c’est à Lausanne qu’une passion sans limites pour le cinéma m’a envahi et a donné un sens à ma vie ».

Pour cette 1ère édition, il choisit de mettre à l’honneur les films mythiques du Nouvel Hollywood, le cinéma de la nouvelle vague américaine des années 70.
Une quarantaine de chefs d’œuvres sont diffusés pendant ces quatre jours, parmi lesquels Deer Hunter, Bonnie & Clyde, Easy Rider, Jaws, Carrie…

L’idée de Vincent est d’inviter le public à une réflexion sur le 7ème Art, de mettre en avant des problématiques et de faire venir des acteurs, réalisateurs et producteurs du Monde entier pour en discuter.

Les conversations s’orientent sur leurs parcours, leur façon de travailler, mais aussi sur l’avenir de leur métier et du cinéma.

Le thème de la place des femmes dans l’industrie du cinéma, et celui des films en réalité virtuelle sont aussi abordés ; dix films en réalité virtuelle seront présentés.


Au détour de l’emblématique salle du Capitole, j’ai l’immense joie de croiser des acteurs que j’aime tant :
Fanny Ardant, Rossy de Palma, Léa Seydoux…
Et des réalisateurs dont j’admire le travail :  Tim Pope, Darren Aronofsky, Michel Azanavicius entre autres.

Il est essentiel pour Vincent de partager sa passion avec la public en l’intégrant pleinement au festival : des débats, des masterclass
et des ateliers sont proposés durant ce week-end pour rassembler les invités et les spectateurs.

Je l’ai retrouvé après ce week-end riche en émotions pour lui poser quelques questions sur la première édition de son festival.

Le festival se déroule dans la ville de Lausanne, une évidence pour toi ?
Oui, je suis né à Lausanne et les archives de la cinémathèque, qui est la 6ème plus importante au monde, se trouvent dans mon village d’origine
à Penthaz. La région est protégée par l’UNESCO, la Riviera est superbe, avec des vignes, des hôtels somptueux, comme le Beaux Rivages
Palace qui est partenaire. Tout cela crée un écrin magnifique pour accueillir un événement tel que r7al. 

Le festival touche à sa fin, es-tu satisfait de cette 1ère édition ?
On a vécu des moments inoubliables, les gens souriaient, me remerciaient d’avoir donné ce festival à Lausanne. C’était très fort.
La présence de tous ces grands artistes y est pour beaucoup. Lausanne n’aura jamais abrité autant d’Oscarisés en même temps.



Quel a été le moment le plus fort en émotions ?
La foule déchainée par Christopher Walken au Capitole.
Ma fille Tess qui a chanté à la cérémonie d’ouverture « Be my Baby » en hommage au nouvel Hollywood. La conférence de Desplat, les salles pleines pour Hazanavicius, Aronovsky, Hugh Hudson, Léa Seydoux, etc…



Pourquoi avoir choisi de mettre en avant le cinéma du Nouvel Hollywood pour inaugurer cette première saison ? Que représente-t-il pour toi ?
Une parenthèse enchantée, l’arrivée de géants du cinéma.
Le cinéma devenait miroir d’une révolution des mœurs, mais aussi d’un désenchantement, avec la guerre du Vietnam, tout d’un coup c’était la fin
d’une Amérique propre.  

Tu as invité des réalisateurs de talent pour illustrer ce thème – Darren Aronofsky, Tim Pope et Michel Hazanavicius entre autres – la sélection n’a pas été trop difficile ?
Tim et Michel sont des amis. J’ai rencontré Darren lors de son arrivée.
Il faut trouver un équilibre, et en même temps ce sont tous des visionnaires.
Ma guide line, c’était et sera ça : je souhaite inviter des visionnaires
qui ont une œuvre.
J’aime dire qu’une œuvre, c’est la recherche de cette œuvre.



En quoi ton festival se démarque-t-il des festivals « classiques » de cinéma ?
L’implication des universités prestigieuses, l’esprit de transmission, la non compétitivité, et puis l’accessibilité des artistes, une véritable réflexion sur la créativité et sur les nouvelles technologies. Et de donner la possibilité à tous ces artistes de se connaître, de passer du temps ensemble pour se connaître. 

Pour cette 1ère édition, tu as remis le prix d’honneur à l’acteur et danseur Christopher Walken. Pourquoi ce choix ?
C’est un acteur culte pas assez récompensé. Il incarne un truc génial, il est cool et si magnétique.



Dans les catégories « Women in motion » et « Parle avec Elles » tu mets en avant le travail des femmes de l’industrie cinématographique avec l’actrice Rossy de Palma.
Pourquoi cette démarche est-elle importante pour toi aujourd’hui ?
C’était essentiel d’avoir une journée de la femme lors de ces cinq jours.
Quand Jessica Chastain a révélé lors de la conférence de presse de clôture des Oscars qu’elle avait été choquée par l’image que l’on donne à la femme dans le cinéma, cela m’a particulièrement marqué. Depuis, mon regard sur la femme au cinéma a changé. Les femmes ont toujours été mes alliées dans la vie, c’était une priorité de donner un espace de réflexion pendant les « Rencontres 7e Art de Lausanne ».


Cette première édition est aussi l’occasion de mettre en avant le cinéma de demain avec la technologie de la réalité virtuelle.
Est-ce que cela t’a donné envie de l’expérimenter dans tes prochains films ?
J’y pense pour mon prochain film, mais c’est un peu tôt pour en parler.
Oui les nouvelles technologies ont aussi une place à r7al. De nombreuses conférences et aussi des films
en réalité virtuelle étaient mis à disposition pour qui le souhaitait. 

Parmi les films sélectionnés pour ce festival, quel est celui qui t’a le plus touché ?
The Deer Hunter présenté en 35MM par Michel Hazanavicius au Capitole (1000 places), et l’arrivée en fin de
projection de Christopher Walken. C’était énorme. Les gens étaient en état de choc.

Que puis-je te souhaite pour la 2ème édition ?
Autant de chance que pour la première. Maintenant r7al existe, les retours sont extraordinaires.
J’ai eu l’adoubement de Thierry Fremaux, grâce à sa présence et sa belle énergie, il a vraiment joué le jeu.
On s’attaque déjà à la prochaine. C’est top !